Succès pour le premier film de l’éthiopien Yared Zeleké, soutenu par le Programme ACPCultures+, projeté dans la section Un Certain Regard du festival de Cannes 2015

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Lamb,  une fable à hauteur d’enfant sur les hauts plateaux éthiopiens

Succès pour le premier film de l’éthiopien Yared Zeleké, soutenu par le Programme ACPCultures+, projeté dans la section Un Certain Regard du festival de Cannes 2015

Une petite main posée avec tendresse sur le beau pelage roux et velu d’un mouton. Ce sont les premières images de Lamb, le premier long-métrage du réalisateur Yared Zeleké, qui est aussi le premier film éthiopien jamais sélectionné au festival de Cannes. Le film est soutenu par le programme ACPCultures+ (mis en œuvre par le Secrétariat du Groupe des États ACP -Afrique, Caraïbes et Pacifique - et financé par l’Union européenne). Présenté jeudi 20 mai dans la section Un Certain Regard le film a été accueilli triomphalement par le public dans la salle, avec plus de 20 minutes d’applaudissements.

Ethiopie, années 1980. Ephraïm (Rediat Amare), un petit garçon de 9 ans, vient de perdre sa mère qui a succombé à la famine. Pour ne pas subir le même sort, son père (Indris Mohamed) décide de partir travailler en ville et de laisser son fils à sa famille éloignée et paysanne : Solomon (Surafel Teka), son rustre oncle, Emama (Welela Assefa), sa grand mère chef de famille, sa tante apeurée par l’état de sa dernière née, et Tsion (Kidist Siyum), sa cousine rebelle qui n’est pas décidée à se marier. Ephraïm a emmené avec lui Chuni, sa brebis stérile ayant appartenu à sa mère, dont il prend le plus grand soin. Sensible et attentionné, préférant cuisiner que participer aux travaux agricoles, Ephraïm est considéré comme trop féminin pour son oncle, qui décide que Chuni devra être sacrifiée pour un prochain repas de fête catholique. Mais Ephraïm est prêt à tout pour sauver sa seule amie et rentrer chez lui.

L’horizon du jeune Ephraïm s’ouvre à travers les paysages verts et vallonnés des hauts plateaux d’Ethiopie, saisis par le directeur de la photographie Josée Dehais (précédemment remarqué dans Saint Laurent et L’Apollonide) dont le travail doit être salué.

« En période de guerre, de famine et d’oppression,  les hommes vivaient et aimaient bien plus », explique le réalisateur à ACPCultures+, dont le premier film est semi-autobiographique. Lamb (lit. Agneau) porte en effet un regard à hauteur d’enfant sur ce qui l’entoure et par delà, sur une société paysanne éthiopienne dont la vie s’organise malgré la pauvreté et l’oppression : travaux dans les champs, préparation del’injera - la galette traditionnelle , ventes au marché, promenades en montagne ou fêtes avec les voisins y sont dépeints avec chaleur.

« Le film a littéralement changé la vie des dizaines de personnes qui ont participé à sa réalisation. Je parle des acteurs, des techniciens, des opérateurs, des personnes engagées dans la production. Ce projet magnifique donne un véritable élan pour la production audiovisuelle du pays », a continué Yared Zeleké. « Je suis particulièrement fier d’être à Cannes, parce que l’Éthiopie va recevoir une visibilité incroyable grâce à ce film »

« Il y a eu un effet sur l’économie locale indéniable. Plus de 50% du budget, environs 600.000€, a été dépensé en Ethiopie » ont par ailleurs déclaré à ACPCultures+ Ama Ampadu (Slum Kid Films) et Laurent Lavolé (Gloria Films), producteurs du film.

Coproduction entre la France, l’Éthiopie, l’Allemagne et la Norvège, Lamb, qui a été soutenu par l’Aide aux Cinémas du Monde, le Doha Film Institute, la Cinéfondation et le CNC, est vendu à l’international par Films Distribution.

Dans la photo: Laurent Lavolé (producteur Gloria Films), Rediat Amare (acteur), Yared Zeleké (réalisateur), Kidist Siym (actrice) et Ama Adama (productrice (Slum Kid Films)

Lisez l'interview d'ACPCultures+ avec Yared Zeleké.

22 mai 2015
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