POLITIQUES CULTURELLES. Du 15 au 17 Juin 2015, l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE s’est réunie à Suva (Fidji) pour adopter une résolution sur la diversité culturelle et les droits de l’homme dans les pays ACP et de l'UE. Compte rendu

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Du 15 au 17 Juin 2015, l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE s’est  réunie à Suva (Fidji) pour adopter une résolution sur la diversité culturelle et les droits de l’homme dans les pays ACP et de l'UE

 

La résolution a été développée à l'égard de divers accords internationaux relatifs aux droits humains et culturels (voir note 1).

Toutefois, en raison de diverses forces telles que la mondialisation et les troubles civils, « le développement des diverses cultures, religions et langues pose un nouveau défi pour de nombreuses sociétés. » L'Assemblée souligne que, nonobstant ce fait, «tous les pays doivent observer et concevoir des politiques incluant explicitement la promotion et la protection des droits de l'homme et des différences culturelles, ethniques, religieuses et linguistiques, tout en favorisant le développement». En fait, dans un monde globalisé, le  respect de la diversité devient encore plus vital, aussi bien pour les Etats que pour la communauté internationale, afin d'éviter un appauvrissement culturel, la disparition de certaines cultures de même que les conflits sociaux, inter-ethniques et inter-religieux. Par conséquent, l'Assemblée a conçu un cadre détaillé en appelant les gouvernements, les organisations et les communautés dans le monde entier à protéger les droits de l'homme tout en favorisant le dialogue et la compréhension interculturelle.

La résolution note également les zones qui posent certains défis ou des opportunités afin d’atteindre cet objectif. Sans ambages, il « souligne que les droits humains sont universels, inaliénables, indivisibles et interdépendants et que la promotion, la défense et l'application des droits de l'homme ne peuvent pas être interprétées différemment selon les traditions culturelles, ethniques et religieuses ou / ou d'intérêts économiques et géostratégiques, » Cela signifie que « la diversité culturelle ne peut pas être utilisé comme une justification de la violation des droits de l'homme consacrés au droit international. » Pour éviter les cas dans lesquels «les coutumes traditionnelles » violent ces valeurs universelles, l'Assemblée préconise de faire de l'éducation un outil. De la même façon, elle « reconnaît le rôle déterminant de l'éducation dans l'autonomisation des marginalisés qui sont sous-représentés dans la société de personnes, notamment dans l'autonomisation des femmes et des filles; D’autre part elle stipule que non seulement l'accès à l'éducation est un droit fondamental en soi, mais qu'il peut aussi rendre possible l'exercice des autres droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. « L'éducation peut également être utile à l'amélioration de la sécurité, soutenir et promouvoir la diversité culturelle ainsi que la diversité religieuse en particulier, d’une part, elle peut faciliter à enrayer la récente croissance rapide de la violence. D’autre part, ces mesures contribueraient à dé-radicaliser l’esprit, notamment chez les jeunes, afin de réduire le potentiel de recrutement de futurs terroristes ». Dans l'ensemble, l'Assemblée encourage « une sphère publique dynamique et inclusive avec une société civile active et vocale qui permettrait la diversité culturelle, tout en respectant l'égalité des droits. »

En vue d'actualiser les réformes préconisées dans la résolution, l'Assemblée a énuméré plusieurs ajustements internes, ainsi que des appels aux parlementaires pour promouvoir et protéger les droits humains et la tolérance interculturelle. Elle « considère que la création de nouvelles structures sur le dialogue inter-religieux entre l'UE et les pays ACP pour l'échange de points de vue et de pratiques représenterait un mécanisme efficace pour promouvoir le respect mutuel et contribuer à la gestion des conflits dans les régions touchées par l'intolérance religieuse et l'extrémisme, en application du texte par rapport aux solutions multilatérales déjà existant ». L'Assemblée reconnaît également le rôle du dialogue interculturel et l'échange, comme à travers le partage du folklore, l'art et du patrimoine, qui est de nourrir la coexistence et la paix au sein des et entre les Etats. Enfin, il demande à ses coprésidents de transmettre la présente résolution aux institutions de l'Union africaine et de l'Union européenne, le Conseil ACP, les organisations d'intégration régionale du Groupe ACP et le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Au final, la résolution offre une analyse complète de la conjoncture internationale actuelle en ce qui concerne la compréhension interculturelle, et il fournit une série de suggestions pour améliorer ces conditions.

Traduction par Aida Amasuno Martín

 

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Note 1: y compris (mais sans s'y limiter): la résolution du Parlement européen du 10 Décembre 2013 à propos de la Santé sexuelle et reproductive et les droits, la Charte africaine (Banjul) sur les droits de l'homme et des peuples, adoptée par l'Assemblée de l'OUA le 27 Juin 1981, la Charte des Nations Unies, signé le 26 Juin 1945, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies le 16 Décembre 1966, la Convention relative aux droits de l'enfant, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies le 16 Décembre 1966, la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 10 Décembre 1948, la Déclaration du Millénaire des Nations Unies adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 8 Septembre 2000, et la Déclaration universelle sur la diversité culturelle, adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO le 2 Décembre 2001. Ces accords authentifient les fondements de base sur lequel l'ensemble est établi; à savoir que « un cadre juridique reconnaissant les droits égaux des groupes ethniques, religieuses et linguistiques est essentielle pour promouvoir la gouvernance démocratique, la conception des politiques multiculturelles et par conséquent  favoriser le développement ».

28 juillet 2015
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