O Ka (Notre maison) : injustices : et conflits immobiliers dans un Mali en reconstruction. Le réalisateur malien Souleymane Cissé présente son nouveau long-métrage en Séance Spéciale – Hors Compétition du festival de Cannes 2015

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O Ka (Notre maison) : injustices : et conflits immobiliers dans un Mali en reconstruction

Le réalisateur malien Souleymane Cissé présente son nouveau long-métrage en Séance Spéciale – Hors Compétition du festival de Cannes 2015.

« Depuis toujours, les femmes ont une grande importance dans la famille Cissé », narre la voix off de O Ka (Notre maison), 7ème long métrage du réalisateur malien Souleymane Cissé, projeté en Séance Spéciale – Hors Compétition du 68ème festival de Cannes. Ces femmes, ses sœurs et mais aussi cette mère, qui ont veillé sur lui, avec patience et attention, l’ont protégé, chéri, ont été humiliées, souillées. Par une histoire les dépassant le simple conflit immobilier.

En 2008, la maison de la famille Cissé située dans le quartier de Bozola à Bamako, appartenant à la famille depuis un siècle (actes à l’appui) leur a été volée ; les Diakité, qui ont bénéficié de l’hospitalité de la famille Cissé, ayant grossièrement falsifié des actes de propriété foncière. Les quatre sœurs Cissé – Magnini Koroba Cissé, Aminata Cissé, Badjénèba Cissé et M’Ba Cissé – sont expulsées sans ménagement et décident de ne pas se laisser faire, de camper devant leur maison (O Ka, notre maison en bambara), d’aller en justice.

Le combat pour la vérité pousse le réalisateur à prendre la parole et à s’engager. Souleymane Cissé raconte, durant 1h36, cette injustice et, au-delà, l’histoire du Mali et des résonances de la guerre de 2012. Histoire malienne qui ne pourra se construire sans justice, ni sans femmes éduquées et se battant pour leurs droits.

Le réalisateur a cherché à documenter cette incroyable histoire dès le début de l’affaire, en témoignent les multiples formats vidéo montrant la violente expropriation, le courage et la résignation de ses quatre vieilles sœurs, les recherches des journalistes sur l’affaire mal jugée, les photos d’archives de la famille Cissé qui s’est construite dans cette maison. Finalement, sept années après, rien n’a changé. L’affaire n’est pas réglée. Une sœur n’est plus. Mais la rage reste. Et la solidarité des proches, des connaissances, d’une partie du quartier, de la communauté cinéphile, et d’une partie du Mali, se fait entendre. Il ne faut pas baisser les bras.

O Ka élargit son sujet en termes d’espace et de temps. Des images de la faune et de la flore ouvrent le film, en rappel à un équilibre rompu par les humains, « la machine infernale des hommes », en écho à la guerre malienne de 2012 et à la corruption.  Des images d’enfants, survolent aussi le film, symbole d’espoir pour un avenir plus blanc que la noirceur de ces dossiers, à qui transmettre le « besoin de justice, le refus de l’humiliation » (Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française).

O Ka (Notre maison) est produit par la maison de production du réalisateur Sisé Filimu – Les Films Cissé, et est distribué par Patou Films International.

 

Regardez l’interview réalisée par ACPCultures+ avec Souleymane Cissé.

21 mai 2015
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