MARÍA JOSÉ ÁLVAREZ, RÉALISATRICE DE "LUBARAUN"

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24 novembre 2015

María José Álvarez, réalisatrice des documentaires The Black Creole et Lubaraun

Plongée dans la culture africaine du Nicaragua

María José Álvarez a montré son film Lubaraun sur le peuple Garifuna au Secrétariat ACP le 20 novembre dernier

Q: d’où vient l’idée de ce documentaire?

María José Álvarez: Je faisais partie de l'équipe qui a fondé l'Institut du Film du Nicaragua en 1980. A cette époque, je vivais dans la côte du Pacifique du pays. Peu de temps après, je décidé d’aller vivre sur la côte du Caraïbe. Une fois là, je me suis rendu compte à quel point je connaissais mal mon pays et j’ai eu envie de le découvrir. J’ai découvert une réalité et une histoire très différente de celle de la côte Ouest. Sur la côte caribéenne, je suis rentré en contact avec la population autochtone d'ascendance africaine avec qui, en dépit de leurs singularités, nous avons partagé un passé commun. Depuis lors, l’idée de faire découvrir à d’autres cet aspect inconnu de notre culture m’a toujours habité. J’ai dont réalisé une recherche intense sur le sujet, avec l'intention de faire un seul film. Finalement j’ai réuni une telle quantité d'informations qu'il s’est avéré nécessaire de faire deux documentaires différents: Le créole Noire (au Nicaragua et au Costa Rica ) et Lubaraun (Nicaragua et le Honduras). Ce deux œuvres nous aident à promouvoir la culture du Nicaragua.

Dans ce pays, la côte des Caraïbes apparaît comme quelque chose de distant et isolé pour beaucoup de gens. C’est la raison pour laquelle je voulais montrer la réalité de ce peuple en la rapprochant à la population occidentale. Cela a été possible avec le soutien de Luna Films, qui a produit les films, m’a aidé avec le script, les lieux et le tournage.

Avez-vous rencontré le moindre problème ou de la réticence pour filmer ces populations?

Au contraire: tout le monde voulait apparaître dans le film. J’ai vécu dans la région plusieurs années et j’ai pu tisser des liens très forts avec les habitants. Je suis photographe de formation. J’ai donc commencé à faire des portraits de tous les personnes que je rencontrais. J’offrais les photos aux personnes concernées pour favoriser l’entente. J’ai trouvé un moyen facile de communiquer, ce qui m’a permis de partager les tâches quotidiennes de la communauté et d’en faire partie. Je ne me suis jamais sentie une étrangère.

Dans le film, vous traitez des questions environnementales ...

Oui, j’essaie de véhiculer une leçon simple: il existe un énorme problème de surexploitation des ressources (agriculture et pêche) de la côte des Caraïbes. Ce problème n’existait pas quand c’était uniquement les indigènes à exploiter les ressources. Les populations locales font face maintenant à des menaces externes, qui menacent leur stabilité et même leur survie. Heureusement, le Gouvernement est en train de mettre en place une législation pour protéger cet équilibre et essayer de préserver la région.

Comment ont été accueillis les films dans votre pays?

Les deux films ont eu leur première dans les communautés et ont été célébrés comme si c’était une fête nationale. Tout le village s’est réuni, chaque famille s’est rassemblée et a apporté de la nourriture... C’était impressionnant. Les gens ont vraiment apprécié le film et j’en suis vraiment reconnaissante.

Et maintenant vous faites un tour de l'Europe.

Oui, nous avons été invités à plusieurs festivals en Europe. Nous avons été en Suisse d'abord, puis nous avons eu plusieurs projections ici en Belgique et 2 à Paris, notamment à l'UNESCO...

Quelle est la chose la plus importante que vous avez appris en faisant le documentaire?

La chose la plus importante est de voir comment les gens du monde entier peuvent se sentir connectés avec le film. Je sens une vraie empathie. À part ça, j’ai appris que, malgré les grandes différences entre les deux côtes du Nicaragua, nous nous enrichissons mutuellement grâce à nos singularités. Ce qui prouve que nous sommes un pays véritablement multiculturel.

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