JESSIE McCOMB, AGENT CULTUREL, SECRETARIAT GENERAL DE LA COMMUNAUTE DU PACIFIQUE

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07 mai 2015

ACPCultures+ a rencontré Jessie McComb, chargé de la Culture auprès du SCP, afin d’en savoir plus sur le projet financé par le Programme : « Développement des industries culturelles du Pacifique, îles Fidji, Samoa et Salomon »

 

Quelles sont les caractéristiques principales des industries culturelles des États insulaires du Pacifique ?

Tous les pays insulaires du Pacifique, du plus important au plus modeste, ont un héritage culturel majeur : leurs savoirs, pratiques et talents créatifs traditionnels. Ils peuvent aussi tabler sur tout un éventail de productions de biens et de services culturels qui sont déjà mobilisables. De nouvelles formes d’expressions – dans les secteurs du design, de la musique ou de la mode, par exemple – s’ébauchent, s’inspirant des nouvelles technologies.

De plus, grâce au tourisme, un important marché de productions culturelles existe déjà, un secteur à fort potentiel de croissance. La plupart des États de la région ont développé leurs ressources touristiques tout en facilitant des initiatives de réseautage.

Plusieurs événements et festivals de musique et de dance ont réussi à attirer un public régional et international, et des artistes des États insulaires du Pacifique ont su imposer leur présence sur la scène internationale.

Outre le tourisme, la diaspora issue de la région constitue un marché de consommateurs très important, fidèle aux productions et services culturels locaux. Les industries culturelles sont donc un moteur essentiel de développement économique de la région.

Quels sont les principaux obstacles au développement des industries culturelles ?

Je dirais que l’obstacle principal est l’absence d’infrastructures adéquates. L’internationalisation des biens et services culturels est malheureusement peu performante. Les sociétés œuvrant dans le domaine culturel sont des micros, petites ou moyennes entreprises, pour l’instant caractérisées par l’absence d’esprit entrepreneurial et un bas niveau de risque. Les structures et les capacités managériales font cruellement défaut au sein des associations culturelles.

Est-ce que les gouvernements appuient les industries culturelles ?

Les engagements des pouvoirs gouvernementaux varient selon les pays, mais en général, les politiques culturelles ne sont pas une priorité.

Comment votre projet de « Revitalisation des industries culturelles des îles Fidji, Samoa et Salomon » peut-il améliorer cette situation ?

De nombreuses façons. D’abord, nous améliorons la coordination et le dialogue entre les ministères et agences de développement du secteur public et les associations du domaine des arts et de la culture.

Ensuite, nous formons des agents culturels dans des domaines stratégiques : le développement de services financiers, la promotion des marchés, l’application et la protection des droits d’auteur. Nous offrons de l’accompagnement professionnel, élaboré stratégiquement pour l’industrie, aux associations, organisations culturelles et aux artistes individuels. Nous améliorons les compétences des micros, petites et moyennes entreprises.

Les exemples sont multiples : grâce à notre soutien et à notre service de mentorat professionnel, le Conseil de la mode des îles Fidji a pu recevoir des commandes du secteur privé et développer une plateforme d’information en continu très pratique.

Le Conseil des arts de Samoa a complètement redéfini sa mission, son organigramme et son conseil d’administration ce qui lui a permis de fournir une aide plus substantielle à ses membres.

Le Conseil des arts des îles Salomon de l’Ouest a amélioré ses règlements internes, améliorant le potentiel commercial de leurs membres tout en créant de nouveaux liens avec le secteur touristique.

Un autre résultat qui mérite d’être mentionné est l’augmentation de l’intérêt porté au secteur artistique et culturel par les différents gouvernements. Cela a eu pour effet d’encourager l’expansion des industries culturelles au sein même de leurs économies respectives. Chaque gouvernement sait mieux comment promouvoir et mettre en valeur des lois anti-piratage ou sur la protection des droits d’auteur.

Pour terminer, le projet améliore d’une manière importante la coopération régionale et le partage de connaissance, une étape cruciale pour réaffirmer le rôle des industries culturelles dans le développement social et économique des îles du Pacifique.

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