GIORGIO BERARDI, DIRECTEUR DU PROJET “ART AGAINTS POVERTY”

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23 mars 2015

Soutenu par le Programme ACPCultures+, Art Against Poverty est un projet enveloppant plusieurs pays et dont le but est de professionnaliser les artistes dans plusieurs domaines artistiques

 

Le projet est réalisé par le CEFA, qui, à l’origine, est une ONG axée sur l’agriculture et l’éducation. Comment êtes-vous parvenu à gérer un projet culturel, subventionné par le programme ACPCultures+?

Depuis sa création, le CEFA a mené des projets dans les domaines de l’éducation, la santé et les services sociaux en République démocratique du Congo et en Tanzanie, mettant ainsi en place une  typologie articulée autour de programmes ruraux intégrés, destinés à combiner les opérations de production directe et les développements de projets sociaux, encourageant ainsi la participation responsable de la communauté locale. Après avoir passé plusieurs années à mettre en place des projets dans des pays tiers, nous avons compris que la culture devrait être un élément essentiel de toute action de développement. Les arts et la culture permettent un engagement efficace des communautés et une responsabilisation des individus. Les arts et la culture peuvent constituer un catalyseur puissant pour le développement relationnel et intellectuel, particulièrement important pour la croissance économique et la cohésion sociale. Ils constituent également une potentielle source de revenus et d’amélioration économique à échelle individuelle. L’art est une source de dialogue unique qui offre une possibilité extraordinaire pour apprendre, explorer, expérimenter et interpréter le présent pour construire l’avenir.

Les projets d’aide au développement peuvent multiplier leurs effets on inclut une dimension culturelle.

Comment est articulé le projet “Art Against Poverty”?

Le projet renforcera la viabilité économique et l’impact social des arts du spectacle au Kenya et en Tanzanie. Nous y parviendrons en mettant en place un programme de renforcement des capacités et en proposant aux groupes de jeunes artistes du spectacle Kenyans et Tanzaniens une visibilité et des possibilités d’échanges avec de potentiels investisseurs. Le projet ayant pour but d’améliorer la réactivité des gouvernements en Tanzanie et au Kenya au besoin de réformer la réglementation des secteurs culturels des deux pays et au sein de la communauté Est-africaine, une campagne de sensibilisation adressée aux dirigeants politiques au niveau régional et national sera menée.

Concrètement, nous sélectionnons 20 groupes d’artistes tanzaniens et kenyans issus de milieux défavorisés et nous mettons en place un programme de formation complet. Hormis la formation, nous soutenons la préparation des spectacles dans les festivals et nous aidons au marketing, au réseautage et à la promotion.

Quels sont les groupes d’artistes sélectionnés?

Nous travaillons avec beaucoup de disciplines différentes: arts visuels, peintres, photographes, vidéastes, musiciens, chanteurs, danseurs, acteurs, artistes de rue, clowns. La formation varie d’une discipline à l’autre et peut durer d’une semaine à trois mois. Il est important d’ajouter que nous faisons appel en majeure partie à des formateurs locaux.

Pensez-vous que le gouvernement kenyan accorde plus d’importance au secteur de la culture aujourd’hui qu’au cours des années précédentes ?

Oui. Un tel projet n’aurait pas pu être présenté et financé il y a 15 ans. Au cours de ces dernières années, le gouvernement a insisté sur l’importance de la culture et son rôle dans le développement économique, intégrant des aspects culturels dans la Constitution approuvée il y a 3 ans. Le budget annuel pour les arts et la culture est d’environs 13,4 millions d’euros, soit 0,12% du budget national total (2014/2015).

Un des éléments principaux du projet est la constitution d’une « boîte à outils », destinée aux autorités locales – particulièrement au Kenya, où a lieu une forte décentralisation – pour montrer comment les ressources culturelles locales peuvent développer le tourisme et l’économie.

De quoi êtes-vous particulièrement fier?

Probablement le fait que nous ayons été capables d’impliquer tout un panel d’artistes de milieux difficiles très différents.

Je suis particulièrement fier des spectacles que nous avons réalisés, notamment avec clowns,  adressés aux enfants handicapés et qui souffrent de cancer. Ces thérapies ont été extrêmement utiles, novatrices et bien accueillies par les institutions (hôpitaux) où l’initiative a été mise en œuvre.

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