Flashnews #59

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FLASH NEWS #59

Salon du livre / Paris Book Fair

2018

 

 

Prix ACP Femmes et Jeunes 2018

18 mars 2018

ACP Prize for Women and Youth 2018

March 18 2018

 Léonard-Emile Ognimba, Sous-Secrétaire général, entouré, à gauche de Mme Aminata Johnson Diop, fondatrice du Pavillon des Lettres d’Afrique et Astrid Audibert, Expert Culture aux ACP, et à droite de Rodney Saint Eloi, directeur des éditions Mémoire d’encrier et Frédéric Martin des Editions Le Tripode

Le « Pavillon des Lettres d’Afrique » s’est fixé pour objectif d’assurer la visibilité de la littérature africaine lors des grands événements internationaux. Après le succès du Pavillon lancé au Salon du livre de Paris en 2017, cette initiative de l’Agence culturelle africaine (ACA) fait boule de neige et multiplie les espaces de promotion en Europe et en Afrique.

Le Secrétariat ACP, résolument engagé à développer la coopération sud sud et à faciliter la circulation des biens, des services et des personnes dans les pays ACP, accompagne cette initiative en encourageant sa promotrice, Mme Diop Johnson, à l’ouvrir davantage aux auteurs et éditeurs des Caraïbes et du Pacifique.

M. Léonard-Emile Ognimba, Sous-Secrétaire général du Groupe des Etats ACP, a remis dimanche 18 mars le Prix ACP 2018 qui récompense la créativité et l’entreprenariat aux 3 lauréats suivants :

- Afrique : Ali Zamir (Comores) pour son 2ème roman « Mon étincelle »

- Caraïbes : Martine Fidèle (Haïti) et le collectif des « Ecorchées vivantes »

- Pacifique : Lani Wendt Young (Samoa) pour « Telesa  Series» et son blog « Sleepless in Samoa »

 

Ali Zamir – « Mon étincelle » (Comores)

C’est bien la créativité qui est à l’œuvre dans ce roman publié aux éditions du Tripode.

Ali Zamir est né sur l’Ile d’Anjouan en 1987. Comme le dit l’adage, la valeur n’attend pas le nombre des années. Ali Zamir s’était déjà illustré avec « Anguille sous roche », un roman engagé dans lequel l’auteur donnait la parole à une jeune migrante embarquée dans une traversée tragique en plein océan indien. Un roman unanimement salué par la critique.

Dans ce deuxième roman, c’est encore une héroïne, Etincelle, qui se trouve dans l’urgence de parler. Coincée dans un avion sur le point de s’écraser entre deux îles des Comores, Etincelle nous embarque dans un récit entre la vie et la mort, entre le conte et la réalité, entre elle, sa mère et l’amour comme puissant lien.

On est happé par la langue d’Ali Zamir, par ce jaillissement inventif et métissé. Etincelle, Douceur, Douleur, Efferalgan, Dafalgan, Vitamine, Calcium…, des personnages truculents qui nous ouvrent les portes d’un monde insulaire, merveilleux et tragique à la fois.

Martine Fidèle et le collectif des « Ecorchées vivantes « (Haïti)

 L’union fait la force. C’est ce que prouve encore une fois le collectif de femmes que nous récompensons aujourd’hui. C’est un sacré coup que, depuis les Caraïbes, nous porte le collectif d’Ecorchées vivantes. Un coup que la belle et pertinente maison d’édition « Mémoire d’encrier » dirigée par Rodney Saint Eloi relaie avec force. Nous ne pouvions que recevoir en plein cœur cet uppercut tant il est fort, tant il est courageux, tant il est juste, tant il est neuf aussi. Les 9 femmes ont écrit sous la direction de la talentueuse comédienne et auteure Martine Fidèle.

Martine Fidèle est née à Haïti. Elle est déjà connue du haut de ses 28 ans pour sa liberté de ton et ses 3 ouvrages dont « Double corps ». Elle a coordonné ce recueil de nouvelles qui bouleversent, dérangent, fascinent et à travers la violence sèment les mots qui enfin dits, ou plutôt hurlés, crachés, finiront par semer, nous en sommes certains, les graines de la compréhension et de la guérison. Martine Fidèle écrit dans sa préface que ces femmes veulent le réveil des consciences : puisqu’elles ont déjà tant subi, elles n’ont peur d’aborder aucun tabou : viol, inceste, prostitution, folie. Elles bousculent et revendiquent leur créativité, leur dignité, leur liberté. Notre liberté à tous puisqu’elles espèrent un « nouveau soleil ».

Yannick Lahens, qui a préfacé ce recueil, ne s’y trompe pas : c’est d’une « esthétique militante » qu’il s’agit. Et c’est cette force novatrice, « écorchée » mais bien « vivante », que le Secrétariat du Groupe des Etats ACP a voulu distinguer. Bravo à Sachernka Anacassis, Stéphanie Balmir, Edna Blaise, Martine Fidèle, Kermonde Lovely Fifi, Farah Angela Jean, Rébecca Odéna, Meggie Petit-Maître et Nedjmhartine Vincent !

Lani Wendt Young (Samoa)

Lani Wendt Young est une jeune femme aux talents multiples, à la fois auteure, journaliste et bloggeuse. A travers elle, nous avons voulu saluer le courage : la jeune journaliste du Samoa Planet dénonce en effet sans langue de bois les tergiversations des grandes puissances si lentes à adopter les mesures urgentes pour faire face au dérèglement climatique.

A travers elle, nous avons voulu saluer l’inventivité de la jeunesse capable d’explorer les possibilités d’Internet pour se faire connaître, se faire éditer, communiquer, échanger, faire évoluer les regards, ébranler les positions. Sur son blog « Sleepless in Samoa » mais aussi sur d’autres médias en ligne, Lani Wendt Young partage avec une fraîcheur salutaire toutes ses expériences et son aventure dans l’autoédition, encourage les jeunes écrivains à se lancer.

A travers elle, nous avons voulu saluer l’auteure de séries populaires qui amène à la lecture un jeune public à qui elle démontre que les schémas des romances mondialement connues peuvent parfaitement se décliner avec les légendes du Pacifique. Dans son recueil de nouvelles « Afakasi Women », Lani Wendt Young explore les différentes facettes de la culture samoane, l’importance de la famille élargie, la place du voisinage, tout en mettant en évidence la ressemblance des « serpents », qui, dans toutes les sociétés et sous toutes les latitudes, enserrent les individus, et en particulier les femmes, dans des rôles étouffants, des structures sociales envahissantes. Mais Lani est comme l’une de ses héroïnes, la « sœur jumelle », celle qui survit, celle qui brise les silences. Elle est celle qui est capable de tuer le « serpent », celle qui insuffle en nous la confiance et l’espoir.

Le Secrétariat du Groupe des Etats ACP remercie tout particulièrement Mme Aminata Diop Johnson et son équipe du Pavillon des Lettres d’Afrique, Caraïbes, Pacifique pour leur appui et leur dévouement ainsi que Mme Jülidé Kizilkalé, professeur à l’Ecole européenne de Bruxelles pour son analyse experte et Mme Dominique Gillerot du CEC pour ses conseils éclairés.

The objective of the “African Literatures Pavilion” is to ensure the visibility of African literature at major international events.  After  the Pavilion’s success, following its launch at the Paris Book Fair in 2017, this initiative by the Agence Culturelle Africaine (African Cultural Agency) or ACA, has snowballed and increased its promotional spaces in Europe, and soon, in Africa.

The ACP Secretariat, which is firmly committed to developing South-South Cooperation and facilitating the movement of goods, services, and persons in ACP countries, is supporting this initiative by encouraging its founder, Mrs. Aminata Diop Johnson, to extend it even further, to Caribbean and Pacific authors and publishers.

On Sunday, 18 March, Mr. Léonard-Emile Ognimba, Assistant Secretary-General of the ACP Group of States, awarded the 2018 ACP Prize to the following three laureates:

-          Africa: Ali Zamir (Comoros) for his 2nd novel “Mon étincelle 

-          The Caribbean: Martine Fidèle (Haiti) and her co-contributors, for “Ecorchées vivantes 

-          The Pacific: Lani Wendt Young (Samoa) for the « Telesa Series » and her blog « Sleepless in Samoa » 

 

AFRICA

Ali Zamir – “Mon étincelle” (Comoros)

The creativity of this novel, published by the publishing house, Le Tripode, is undeniable. Ali Zamir was born on the island of Anjouan in 1987. According to the French saying, talent does not depend upon age. Ali Zamir had already proven himself with “Anguille sous roche,” a social protest novel, in which the author gives voice to a young female migrant embarked on a tragic crossing, in the middle of the Indian Ocean -  a novel that was unanimously acclaimed by critics.

In his second novel, the protagonist, Etincelle, is once again female, and has an urgent need to speak. Trapped in a plane that is about to crash between two islands of the Comoros Archipelago, Etincelle takes us on a narrative journey between life and death, between fiction and reality, between herself, her mother, and love, which is a powerful bond.

We are swept up in the words of Ali Zamir, in his inventive and mixed outpouring. Etincelle, Douceur, Douleur, Efferalgan, Dafalgan, Vitamine, and Calcium are the colourful characters who open the doors for us, to a world that is insular, magical, and tragic, all at once.

CARIBBEAN

Martine Fidèle (Haiti) and her co-contributors - “Ecorchées vivantes “

Unity is strength. This has been proven yet again by this group of women who are being awarded today. This is a crushing blow, dealt to us, all the way from the Caribbean, by the co-contributors of “Ecorchées vivantes.” A blow that the magnificent and relevant Mémoire d’encrier publishing house, run by Rodney Saint Eloi, is forcefully passing on. The sting of this uppercut jars us to the core, because it is so strong, so courageous, so true, and so new as well. These nine women wrote under the direction of the talented comedienne and author, Martine Fidèle.

Martine Fidèle was born in Haiti. At only 28 years old, she is already widely known for her freedom of tone and her three publications, including “Double Corps.” She coordinated this collection of short stories that upset, disturb, fascinate, and, through violence, spread messages that, once spoken, or rather screamed or spat, will certainly end up sowing seeds of understanding and healing. Martine Fidèle writes in her preface that these women want to awaken consciences - since they have already endured so much, they are not afraid of addressing any taboos, such as rape, incest, prostitution, or insanity. They are shaking up and asserting their creativity, their dignity, their freedom.  Our collective freedom is being reclaimed, since they are hoping for a “new sun.”

Yannick Lahens, who wrote the preface for this collection, was not mistaken: this is a “militant aesthetic.” And it was this new “skinned” but “living” strength that the ACP Group of States wished to highlight.

PACIFIC

Lani Wendt Young, “Sleepless in Samoa”

Lani Wendt Young is a young multi-talented woman, who is an author, journalist, and blogger, all in one.  Through her, we wished to salute courage: this young journalist who writes for Samoa Planet, in fact openly denounces the vacillation of the major powers-that-be, which have been so slow to adopt urgent measures to tackle climate change.

Through her, we wished to commend the inventiveness of young people, who are capable of exploring the possibilities offered by the Internet to make themselves known, get published, communicate, exchange, change outlooks, and rattle positions. Using her blog “Sleepless in Samoa” and other online media, Lani Wendt Young shares all her experiences and adventures in self-publishing, with wholesome freshness, while encouraging young writers to take the plunge.

Through her, we wished to commend the young female author of popular series, who is making reading attractive to a young audience, to whom she demonstrates that internationally known romance plots can be perfectly portrayed using Pacific references. In her collection of short stories “Afakasi Women,” Lani Wendt Young explores the different facets of Samoan culture, the importance of the extended family, and the role of the neighbourhood, while highlighting the similarities to “snakes,” which, in all societies and around the world, wrap individuals, and women in particular, in smothering roles and invasive social structures. But Lani is like one of her heroines, the “twin sister,” the one who survives and breaks the silence. She is the one capable of killing the snake, the one who instils confidence and hope in us.

The  Secretariat of the ACP Group of States would like to especially thank Ms. Aminata Diop Johnson and her team at the African, Caribbean and Pacific Literatures Pavilion for their support and commitment, as well as Ms. Jülidé Kizilkalé, teacher at the European School of Brussels for her expert review and Ms. Dominique Gillerot from CEC for her expert advice.

 

 

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