Décrypter la symbologie traditionnelle des masques contemporains. Comment l’artiste moderne s’empare du masque traditionnel

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Calixte Dakpogan (Beninese, born 1958), Papa Sodabi – The Drunk, 2002. Steel, metal, plastic, glass and other found materials, H. x W. x D.: 24 x 21 x 9 in. (61 x 53.3 x 22.9 cm) Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Geneva © Calixte Dakpogan

Décrypter la symbologie traditionnelle des masques contemporains. Commet l’artiste moderne s’empare du masque traditionnel

 

Les Masques constituent une importance culturelle à des degrés divers, dont certains, tels que le masque de Toutankhamon, sont devenus des noms familiers tandis que d'autres sont encore entourés de mystère.

L'acte de l’enfiler y compris tous ses rituels permettent au masque de devenir vraiment vivant. Les porteurs de tels objets offrent ainsi un spectacle divertissant qui permet de transcender la peur de la mort. En effet, ils finissent par incarner le pouvoir des dieux.

Dans le cas des sociétés Egungun qui se trouvent au Nigeria et au Bénin, le déguisement est principalement lié à des rituels funéraires et à la délivrance des conseils et de la justice.

Leur présence au sein de la société permet aux liens ancestraux de croître toujours fortement.

Vers le nord et dans l'intérieur, la multitude des costumes de l'identité ethnique Bwa du Burkina Faso disposent des masques monochromes extravagants qui, grâce à une stylisation vive, dépeignent l'ascendance des personnes et les forces surnaturelles d'animaux.

Compte tenu de son caractère universel, le masque revêt une polyvalence importante à l’opposé de la culture unique des sociétés Egungun. On observe  un regain d'artistes contemporains sur le continent qui demandent leurs prouesses à la pratique traditionnelle.

Comme, par exemple, Romuald Hazoumé avec son "réinterprétation inattendue de l'idiome", faisant de lui un précurseur dans le domaine de la production de masques contemporains.

Les compétences de Hazoumé tiennent compte des mesures suffisantes de la gravité et de l'humour comme illustré dans « Humble Jerry Cans » où les masques véhiculent des messages politiques appuyées.

Ces formes de visage aident l'artiste à divulguer des indices sur la situation religieuse et politique au Bénin.

L'artiste émergeant basé à Accra Serge Attukwei Clottey emploie également les attributs semblables au pot de chambre dans sa pièce intitulée Afrogallonism.

Attukwei, à travers son art, propose une critique sociale sur des questions comme l'importance de l'eau et de l'environnement. Ainsi dénonce-t-il les échecs évidents de la gouvernance locale pour fournir une infrastructure de base à la population ghanéenne.

Il n’est pas rare que le choix d'un des artistes contemporains dans la matérialité concerne un objet. Le célèbre artiste béninois, Calixte Dakpogan, transforme les déchets et matériaux trouvés en sculptures anthropologiques puissantes avec beaucoup de personnalité.

Dakpogan mérite des éloges non seulement pour son choix louable de matériaux. Il crée des personnages remarquablement individuels et souvent comiques  ce qui fait tout leur part. Au fait, une fusion intentionnelle de son ascendance,  de la spiritualité et de la culture.

Le choix des matériaux spécifiques et souvent trouvés  est aussi  une question clé pour Joseph-Francis Sumégné, sculpteur camerounais. L'artiste, comme Dakpogan et Hazoumè, confère la même importance aux matériaux trouvés, ce qui est facilité par la commodité de leur disponibilité. La sculpture du tryptique « Portraits parallèles des Premières Sawa Kings » de 2013 est un bel exemple du style Sumégné de masque.

Alors que les cultures ouest-africaines sont souvent  synonymes de l'acte de déguisement, le Mozambique est le foyer de la « Makonde Masquerade » et de Gonçalo Mabunda. Ce dernier applique des instruments de guerre pour son processus de création à des fins évocatrices.

Armes déclassées et matériel militaire abandonné par une guerre civile qui a sévi pendant seize ans sont magnifiquement transfigurés par sa réinvention poétique, tout en racontant l'histoire du Mozambique.

Les masques de Mabunda sont clairement liés au style cubiste, et c’est loin d’être une coïncidence. Abstraction et stylisation ont longtemps été abondantes dans d'innombrables traditions de masquage du continent africain. Les cubistes, notamment Picasso, ont été célèbres pour leur stimulation par le réseau de masques qui leur est devenus familiers dans le début du 20e siècle.

Le pouvoir du masque est multiforme et continue de sévir dans tous les coins de la Terre. Du « trick or treat » de l’Halloween à  la manifestation de panthéons de dieux, le masquage est aussi pertinent aujourd'hui qu’aux temps révolus. L'importance discernable appliquée à une matière inerte est toujours présente ; Et c’est justement cette dévotion qui est à l’origine d’une signification spirituelle et qui est le mobile d’une telle abondance créative. Tandis que les racines de certaines traditions disparaissent dans l'obscurité, d'autres sont des résidents de montage dans notre monde contemporain.

 

Photo: Calixte Dakpogan (Beninese, born 1958), Papa Sodabi – The Drunk, 2002. Steel, metal, plastic, glass and other found materials, H. x W. x D.: 24 x 21 x 9 in. (61 x 53.3 x 22.9 cm) Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Geneva © Calixte Dakpogan. Image via: http://www.allartnews.com/

26 juin 2015
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