BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: TILGRE

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BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+ : TILGRE

Renforcement des capacités des professionnels du théâtre africains

Fondé sur la mise en réseau de quatre structures de formation aux métiers du théâtre et piloté par l’Espace Culture Gambidi de Ouagadougou (ECG), ce projet avait l’ambition de professionnaliser les étudiants et professionnels du théâtre en Afrique. Grâce au financement d’ACPCultures+ le centre Gambidi a également organisé deux éditions du FITMO (Festival du Théâtre de Marionnettes de Ouagadougou).

L’action a permis de renforcer de manière durable l’Ecole de théâtre du CFRAV, rattaché à l’Espace Gambidi, la seule école supérieure professionnelle de théâtre au Burkina Faso et une des rarissimes en Afrique de l’Ouest. Grâce au soutien du Projet TILGRE (soutien aux enseignants, aux professeurs internationaux, en matériel  didactique etc.), l’Ecole a pu accroître ses atouts pendant trois ans et de manière durable : la quatrième promotion de l’Ecole a en effet été lancée dans la période couverte par le projet Tilgré, mais son financement a été autonome et n’a pas relevé du projet.

Grâce à TILGRE, un réseau permanent d’Ecoles de théâtre a pu être constitué.  « Un réseau international d’écoles de théâtre est un trésor pédagogique et culturel qui peut adapter l’enseignement artistique à la mondialisation à travers l’intelligence artistique des professeurs et praticiens du théâtre de divers bords et la réelle confrontation des références culturelles », explique Claude Guingané, le directeur de l’Espace Gambidi. Le réseau d’Ecoles Supérieures de Théâtre entre Afrique et Europe, réunit les instituts suivants :

  • Ecole supérieure de Théâtre JPG - Burkina Faso
  • Ecole International de théâtre du Bénin EITB – Bénin,
  • Conservatoire Royale de Mons ARTS2 – Belgique
  • Ecole Nationale de Danse de Théâtre INSAAC – Côte d’Ivoire
  • Ecole « Scuola Dimitri » - Suisse

TILGRE a permis la coproduction et diffusion de trois spectacles avec les étudiants des écoles du réseau.

En chiffres, le projet permis de former plus de 500 personnes appartenant à 72 institutions théâtrales africaines. Les deux éditions du FITMO ont rassemblé plus de 80.000 spectateurs et 400 artistes. Environ 4.000 spectateurs ont pu assister aux représentations des trois coproductions artistiques issues du projet TILGRE et plus de 1.300 spectateurs ont pu assister au spectacle de fin de formations pendant les diffusions prévues par le projet ; d’autres diffusions des quatre spectacles ont eu lieu pendant les trois ans (environ 1.500 spectateurs) et d’autres perspectives de diffusion se concrétisent.

L’idée du projet nait d’un constant : une grande partie de la production culturelle africaine, dans le domaine de l’art vivant, vise le publique et les marchés européens, en négligeant la population locale, qui reste dépossédée des fruits de l’élaboration culturelle de ses propres ressortissants. « Nous sommes allés à contre-courant », explique Claude Guingané. « Toutes les productions artistiques réalisées par le projet ont visé un public local et elles ont été bien appréciées par la population et les professionnels locaux. Les diffusions ont montré une bonne réception populaire locale aux productions du projet. Tous cela sans négliger l’ouverture aux marchés intercontinentaux ».

Tout jeune artiste qui doit se rendre dans les pays occidentaux pour pouvoir se former de manière professionnelle pourrait être tenté de rester dans le pays d’accueil et de bâtir sa carrière à l’étranger. Le renforcement du CFRAV et la création d’un Réseau d’Ecole de haut niveau, avec trois Ecoles en Afrique, œuvrent dans le sens de former des jeunes artistes capables de briller à l’international, mais aussi de baser leurs carrières dans leur pays d’origine. L’insertion professionnelle et la création d’un circuit de diffusion régional encourage les jeunes diplômés à développer leurs projets en Afrique de l’Ouest.

« Le fondement théorique et pratique du projet a été la synergie formation-production-diffusion », explique Claude Guingané. « Pendant trois ans TILGRE a démontré le bien-fondé de ce concept, surtout dans le contexte de l’Afrique Occidentale, dans lequel le secteur artistico-culturel est en plein développement. La pertinence de cette vision a été appréciée et saluée par les plus grands opérateurs culturels, publics et privés. En plus le projet a transféré aux partenaires, associés et collaborateurs les compétences nécessaires pour poursuivre l’action dans ses réalisations pratiques et théoriques ».

L’ECG, ses partenaires et ses collaborateurs ont pu mieux comprendre l’importance de cette synergie pour constituer une « filière » de qualité artistique qui parte de la formation et arrive aux bénéficiaires finaux des représentations artistiques : les spectateurs et la population. « C’est la qualité artistique qui permet la pertinence de l’offre culturelle par rapport aux exigences et aux diversités », rappelle Guingané. « C’est la qualité managériale qui permet au plus grand nombre de personnes de profiter des propositions artistiques et ses réflexions ».

Selon Guingané, les différentes structures impliquées dans l’action ont désormais les capacités qui leur permettent d’assurer la durabilité d’une grande partie de leurs activités dans l’esprit et la forme expérimentés pendant le projet. Il est notamment intéressant de noter les éléments suivants :

  • Le CFRAV, désormais bien implanté dans un Réseau d’Ecoles Supérieures de Théâtre, a montré, avec la mise en place d’une 4ème promotion, sa capacité de se financer et mener à bien sa mission pédagogique avec des nouvelles promotions d’étudiants ;
  • Le Réseau d’Ecoles Supérieures de Théâtre est à mesure de poursuivre ses réflexions pédagogiques communes et a montré son aptitude à pouvoir réaliser des activités de réseautage concrètes sans l’apport financier direct du projet (échange d’enseignants et d’étudiants, coproduction à Bruxelles, diffusion) ;
  • Le festival FITMO a montré sa capacité d’assurer la durabilité de son action à travers l’organisation de sa 15ème édition sans support substantiel du projet, tout en intégrant la présence des Ecoles de Théâtre et la valorisation du Réseau.

Un circuit de production et diffusion de spectacles provenant des Ecoles du Réseau a été créé et compte trois pays en Afrique de l’Ouest. Les jeunes artistes sont déjà en train de l’utiliser pour expérimenter leurs propositions artistiques.

Fait majeur, l’attention des autorités nationales et internationales envers la formation, production et diffusion théâtrale s’est accrue grâce aux activités du projet : présence du Ministre du Burkina Faso au FITMO, présence des responsables du projet au MASA, prix Lompolodu meilleur spectacle de théâtre 2016 avec le spectacle de fin de cours de la troisième promotion, présence du directeur du FITHEB au spectacle de fin de formation, accroissement des membres du réseaux d’Ecoles Supérieures de Théâtre, implication des Mairies et communes au FITMO pour ne citer que quelques exemples.

 

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23 octobre 2017
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