BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+ : PROFESSIONAL SERIES

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BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCultures+: PROFESSIONAL SERIES

Cycle de formation pour la professionnalisation de la fabrication de séries TV africaines

Canal France International a mis en place une panoplie de formations de haut niveau pour augmenter le potentiel de production de séries TV de qualité en Afrique

 

Formations techniques (prise de son, assistanat de réalisation, lumières, montage et étalonnage), formations administrative (direction et administration de production), tournages, coaching… le projet « professional series » mis en œuvre par CFI a permis d’amélioration la qualité et la quantité des programmes de télévision et des pratiques professionnelles africaines.

Au final, ce sont 75 professionnels, 4 tournages de séries - dont une vendue à 2 chaînes de télévision européennes - une série nominée au Fespaco, des nouvelles figures professionnelles crées - assistants, directeurs de production - et une présence marquée des programmes dans les marchés internationaux qui font de ce projet un modèle de bonne pratique et de mise en œuvre.

Pourquoi un tel programme de formation ?

« Nous avions remarqué, lors de nos rencontres avec les responsables de programmes de différentes chaines africaines partenaires de CFI, un intérêt croissant pour ce type de support », explique Frédéric Gisbert, responsable du projet. « Nous savions qu’il était devenu l’un des genres les plus consommés par les publics. Malheureusement les volumes produits localement ou régionalement étaient insuffisants et les chaînes se tournaient encore largement vers l’achat de séries étrangères. Nous avions aussi noté que la production des séries en Afrique était handicapée, d’une part par un manque de personnel qualifié en terme de nombre et de niveau technique, et d’autre part par la méconnaissance des producteurs et directeurs de production des standards à respecter pour rendre possible leur commercialisation à l’international. Nous connaissions les raisons de ses faiblesses : moyens financiers limités des productions locales, faibles échanges de compétences entre professionnels d’une même branche, non transmission des savoir-faire, manque de formation technique de base et de capacité d’adaptation à des outils nouveaux. Ce programme de formations était la meilleure réponse pour améliorer la qualité des séries africaines. Le public africain est en demande constante de nouvelles séries LOCALES, et les télévisions publiques ou privées devront satisfaire cette demande en investissant dans ce type de produit ».

Une qualité des programmes améliorée

« Nous avions remarqué tout au long de ce projet qu’un grand nombre de techniciens étaient en manque de formation théorique mais aussi technique, beaucoup de bénéficiaires étant des autodidactes. Il était donc nécessaire de commencer chaque atelier sur un rappel théorique pour évaluer le niveau de chacun des bénéficiaires », analyse Gisbert.

Comme le prévoyait le projet, lors des tournages ou post production, les experts de CFI ont beaucoup travaillé sur le concept du avant /après. Mettre en en pratique durant un tournage les conseils prodigués en amont et corriger les erreurs a permis aux bénéficiaires après chaque visionnage de se rendre compte de leur travail et aux experts de mesurer l’impact des conseils qu’ils leurs avaient formulé. Cette technique a permis à chacun des bénéficiaires d’améliorer sa technique et de constater qu’il était essentiel de respecter toutes ces recommandations car le résultat était immédiatement visible et leurs permettaient d’augmenter la qualité du programme.

Autre point sur lequel les experts ont permis aux bénéficiaires de progresser et donc d’améliorer la qualité : la maitrise et l’utilisation optimale de leurs « outils ». Les partenaires producteurs, eux aussi, ont pu constater le bénéfice des différentes formations sur leurs productions en cours respectives.

Les pratiques professionnelles ont permis aux participants des formations d’améliorer la qualité des productions notamment par rapport aux postes techniques, tel que le cadre, la prise de son, la lumière.

L’assistanat de réalisation et la direction de production sont les activités du projet qui ont pu être améliorées. Ces deux postes sont essentiels pour le bon déroulement d’une production de série TV. Le projet a donc souligné l’importance de ces postes aux partenaires/ producteurs, de leurs rôles dans la chaine de production et des conséquences néfastes d’une mauvaise préparation en amont de leurs projets.

Des programmes qui circulent mieux

« Nous pouvons constater une amélioration sur la circulation des programmes dans le cadre de ce projet », assure Frédéric Gisbert. « Une série, sur laquelle nous nous sommes appuyés pour les différentes activités a été acheté par TV5 Afrique et la nouvelle chaine A+, filiale de Canal + Afrique. Il s’agit « Du jour au lendemain » produite par Adama Roamba, des Producteurs Associé du Burkina Faso. A noter aussi sa nomination dans la catégorie « meilleure série TV » lors du FESPACO 2015. »

On soulignera aussi l’intérêt de ces séries pour les nouveaux acteurs de l’audiovisuel Africain (Canal+ et Lagardère). Ces résultats sont encourageants et devraient permettre aux partenaires producteurs une meilleure circulation de leurs programmes sur lequel ce projet s’est appuyé, en zone ACP mais aussi à l’international.

Nouvelle génération de techniciens

Les formations organisées ont rassemblé des juniors et des seniors venants de différents pays. Ce dispositif, qui regroupe des gens de niveaux disparates, a mis en lumière le fait que le partage de compétences n’est pas naturel et qu’il peut être conçu comme une « perte de pouvoir ». Cependant, il permet de tisser des liens entre professionnels d’un même pays voire de pays différents, favorisant ainsi les échanges Sud-Sud. En effet, chaque participant a pu témoigner de l’organisation du système de production chez lui et, en conséquent, apporter une autre méthodologie de travail.

Bilan

Le bilan de ce projet est une prise de conscience des partenaires que la série tv africaine est devenue depuis plusieurs années un espace majeur de création pour les producteurs ainsi qu’un outil de structuration pour les chaînes en quête de programmes longs, fidélisant et plus facilement commercialisable auprès d’annonceurs et sponsors. La série est un genre à part entière qui requiert à la fois une créativité sans cesse renouvelée, une humilité et une exigence associées à un fort esprit d’équipe, entre auteurs, mais aussi avec les producteurs, le réalisateur, le diffuseur, sans oublier les comédiens et les techniciens. « Tout cela les producteurs semblent l’avoir bien compris et les formations techniques que nous avons mis en œuvre tout au long de ce projet devraient leur permettre de mieux appréhender leurs futures productions », conclut Gisbert.

 

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06 mai 2016
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