BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: AFRIQU’ANIM’ACTION

Printer Friendly and PDF

BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCultures+ : Afriqu’Anim’Action

L’animation africaine en pleine essor grâce au Programme ACPCultures+

L'industrie du cinéma d’animation est encore peu implantée en Afrique, mais elle a un taux de croissance très important. La passion continue et le dévouement des animateurs à travers l'Afrique est en train de créer une industrie certes petite mais redoutable, attirant chaque jour davantage d’adeptes. Le public se surprend de moins en moins à voir sur les écrans un dessin animé produit par un studio africain. Le succès de beaucoup de studios est dû très certainement à la mise en avant d’héros africains dans les séries, longs métrages ou animations pour le web. Grâce à cette stratégie, les studios africains ont su intéresser les médias internationaux et éventuellement des investisseurs qui découvrent un marché de l’animation naissant. Les entreprises privées sollicitent ces mêmes studios pour la publicité, les institutions pour la sensibilisation.

ACPCultures+ accompagne ce processus de développement de l’industrie de l’animation en Afrique grâce à 2 projets : « Afriqu’Anim’Action, développement d’œuvres audiovisuelles et formation de formateurs » et « Action ACP 3D », mis en œuvre respectivement par Studio Malembe en République Démocratique du Congo et par l’Institut Africain du Management au Sénégal.

« Jusqu’à très récemment, les dessins animés sur l’Afrique ne représentent pas la réalité de la culture, du folklore et de la vie africaine », explique Michel Kibushi du Studio Malembe. « Pourtant, les choses sont en train de changer. Les gouvernements, les sociétés de production, les studios et les investisseurs prennent conscience du pouvoir de l’industrie de l’animation, et, comme les japonais ou les chinois, se servent de cet outil pour faire fructifier ce secteur à fort potentiel économique et modifier la perception sur l’Afrique dans le monde », conclut-t-il.

Les animateurs africains utilisent l'Afrique comme source d'inspiration pour leur animation afin de raconter des histoires africaines à des publics plus larges. Mais l’industrie de l'animation fournit également un moyen d'expression artistique et crée de l'emploi pour de nombreux esprits créatifs en Afrique.

La création de contenu local porte ses fruits. Afrika Toon, l’un des studios les plus productifs en Côte d’Ivoire, a diffusé en avril 2016 le très remarqué Wê, l’histoire du Masque Mendiant.

Les animations créées par des Africains commencent à envahir les écrans de télévision du continent, comme Tinga Tinga Tales, production de la société kenyane Homeboyz TV. Chaque épisode de Tinga Tinga est inspiré par les arts de la Tanzanie et les contes traditionnels du folklore africain. La série télévisée Bino et Fino, de l’animateur nigérian Adamu Waziri, suit les aventures quotidiennes de deux frères nigérians dans la ville d'Abuja. La série a été un énorme succès populaire et a été diffusée dans plusieurs autres pays africains et occidentaux.

Face à ce développement de l’industrie de l’animation en Afrique, on constate encore des problèmes structurels. Le manque d'espace créatif permettant aux animateurs de mettre en valeur leurs projets dans un marché qui reste encore sous-développé et les fortes contraintes financières inhibent l'expression créatrice. « Ce que nous avons voulu réaliser avec le projet « Afriqu’Anim’Action » est de former la jeune relève d’animateurs à travers l'Afrique », explique Kibushi.

« Grâce au financement d’ACPCultures+ nous avons pu mettre en place une filière de formateurs aux métiers du cinéma d'animation à Bujumbura et à Kinshasa », explique Michel Kibushi. « Les capacités techniques et créatives des animateurs et des techniciens ont été renforcées. Grâce à cette formation, nous avons favorisé le développement d'entreprises de cinéma d'animation en Afrique Centrale et Afrique de l'Est. Les films réalisés ont apporté les éléments structurels permettant de valoriser la recherche du financement auprès des producteurs et diffuseurs », conclut-t-il.

Les résultats attendus du projet sont donc en majorité atteints :

- une équipe de gestion de projet a été mise en place (composée des 10 stagiaires confirmés devenus formateurs et chefs de projets et d‘une équipe de 4 personnes - administratif local) ;

- une filière « développement et réalisation » adaptée au cinéma d’animation a été développée en Afrique centrale et de l’est : des équipes de préparateurs, vérificateurs scan/opérateurs scan et gouacheurs, chef animateurs/intervallistes, storyboarders et réalisateurs de l’animatique, chefs plasticiens mouleurs et mouleurs volume, mécaniciens et animateurs ont été constituées ; la professionnalisation des stagiaires est effective ;

- après la fin du financement, 2 courts métrages d’animation ont été réalisés par l’équipe formée en RDC et un projet de série d’animation est en cours de financement au Burundi suite à l’action.

La formation a permis la réalisation de 9 courts métrages d’animation abordant des questions transversales (genre, environnement, civisme) ; 8 courts métrages ont été sélectionnés dans plus de 12festivals.

Ainsi, dans deux régions d’Afrique différentes, les projets financés par ACPCultures+ ont clairement atteint leur résultat : canaliser le talent pour structurer une industrie. Pour le dire avec Armel Pululu, stagiaire en RDC « grâce aux formations, je me suis rendu compte qu’il ne suffisait pas seulement d’avoir le talent. Il faut connaître vraiment le métier en s’imprégnant des différentes étapes de la réalisation d’un projet de film d’animation ».

 

 Pour plus de "bonnes pratiques" du Programme ACPCultures+, cliquez ICI

23 août 2016
© copyright 2012 : ECO3 S.P.R.L. - webmaster@acpculturesplus.eu