BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: AFRICAN MUSIC DEVELOPMENT PROGRAMME

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BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: AFRICAN MUSIC DEVELOPMENT PROGRAMME

Professionnalisation et la structuration de la filière musicale en Afrique sub-saharienne

Initié en 2014 par le Conseil International de la Musique, le programme AMDP a eu pour objectif d’offrir aux jeunes étudiants et professionnels africains de la musique l’opportunité de se former et d’acquérir les compétences essentielles à la pratique de leur métier.

« Nous croyons en effet fermement que la filière musicale sur le continent est à un tournant de son histoire artistique et économique : les musiciens africains s’exportent maintenant dans le monde entier, les outils numériques et internet ont bouleversé la manière dont on produit, distribue et consomme une musique qui génère aujourd’hui des revenus économique importants, et les festivals qui fleurissent partout en Afrique sont devenus la vitrine de cette formidable dynamique. Il est alors indispensable que la nouvelle génération de managers culturels ait la capacité de poursuivre cette structuration du secteur culturel en Afrique et de bâtir un écosystème solide et durable », explique Charles Houdart, qui a été chargé de la mise en œuvre du projet.

Le réseau de partenaires initial a connu une croissance exponentielle et a permis de constituer en 3 ans un ensemble conséquent de promoteurs, étudiants, artistes, organisations et acteurs culturels.

AMDP reste à tous points de vue un succès majeur en ce qu’il a permis d’initier des dispositifs novateurs qui ont montré leur pertinence et leur justesse par rapport à l’objectif initial : la professionnalisation et la structuration de la filière musicale en Afrique sub-saharienne. Parmi ces activités, on peut noter :

  • Des échanges universitaires pour 40 étudiants de la Technical University of Kenya et l’université de Makerere (Ouganda) ;
  •  L’envoi de 25 étudiants et jeunes professionnels pour des stages de 1 à 4 mois dans des festivals de musique sur le continent (Sauti za Busara, Lake of Stars, Shoko Festival, Le Kolatier, Feux de Brazza, Visa for Music, Timitar, FEMUA…) ;
  • 2 « IMPACT Music Conferences » à Harare et Abidjan ;
  • Près de 50 étudiants du Kenya, de l’Ouganda, d’Allemagne, de la RDC et de la Côte d’Ivoire en stage d’immersion de 10 jours pour découvrir les festivals Africains référence ;
  • Des ateliers de formation pratique en gestion de festivals, communication, mobilisation de sponsors, régie scénique, …  à Zanzibar, au Zimbabwe, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire … Par une sélection d’experts et de professionnels Africains reconnus pour une centaine de bénéficiaires ;
  • Plus de 200 participants à des cycles de formation en management de musique et ingénierie de son au Malawi et Mozambique ;
  • L’aide à la publication de recherches et d’articles sur l’industrie de la musique en Afrique,  la mise à disposition de ressources pédagogiques, et la participation à des conférences universitaires et professionnelles pour des chercheurs et opérateurs issus du Continent ;
  • Et enfin l’organisation du premier Forum africain de la Musique à Ségou au Mali qui a réuni  en septembre 2016 sous l’égide du Conseil Africain de la Musique près de 80 acteurs de la filière musicale venus du monde entier.

Quelques résultats concrets et durables

Échanges

Cette activité prévoyait un échange d’étudiants entre deux universités africaines : Makerere University (Ouganda)  et Technical University of Kenya. Les activités mis en place par chaque université ont cherché à mêler enseignements théoriques et activités de terrain. Comme conséquence de cette action, l’apprentissage pratique a été désormais inséré dans les programmes pédagogiques des deux universités.

Placements longs et courts d’étudiants africains et européens dans des festivals africains de musique

Ce volet du projet avait l’ambition de permettre à des étudiants des départements de musique et de musicologie d’universités africaines et européennes une expérience de terrain au sein d’un festival de musique, et renforcer ainsi leurs compétences et leur aptitude à l’employabilité. Ces stages ont permis de créer des liens permanents entre les universités africaines et européennes et les festivals africains de musique.

Ateliers de formation pour les équipes des festivals et échanges de professionnels entre festivals

Ce volet de l’action a permis à des jeunes professionnels de la musique, ayant déjà une expérience professionnelle significative, de travailler au sein des organisations  partenaires d’AMDP et d’acquérir une expérience de terrain au sein d’un autre festival de musique. L’objectif a été également de créer des synergies professionnelles et artistiques entre différentes festivals de musique sur le continent africain, et de faciliter ainsi les flux de personnes, de compétences et d’informations au sein de l’industrie culturelle africaine.

Formations techniques

Le festival Bayimba avait fait part d’un véritable déficit de compétences dans le domaine de la sonorisation. Le directeur du festival avait exprimé le besoin de bénéficier d’une formation afin que les techniciens locaux puissent acquérir les compétences nécessaires et prendre en charge à l’avenir de manière autonome la sonorisation de l’événement. Après cette formation, les techniciens sont désormais autonomes et, par extension, ont amélioré la qualité des prestations d’ingénierie du son  à Kampala et en Ouganda.

AMDV a également organisé une formation au sein du FEMUA. Cette formation avait pour thème général l’organisation d’évènement culturels et de festivals de musique, avec un focus particulier sur la communication et le marketing. Les objectifs annoncés par le formateur étaient de renforcer les capacités des professionnels Ivoiriens en matière de conception, de gestion et de conduite de manifestations culturelles, notamment de festivals.

Ateliers de renforcement des capacités pour des organisations culturelles et musicales africaines

« La réflexion autour de la musique africaine nous a amené à organiser des ateliers pour réfléchir à l’évolution des économies créatives et leur importance dans la croissance sociale et économique des pays en voie de développement », explique Charles Houdart. « A l’heure où la filière musicale africaine et mondiale subit une profonde mutation avec la généralisation de l’économie numérique, il était essentiel pour AMDP de proposer un état des lieux annuel sur l’état de l’industrie de la musique africaine à l’heure du numérique et de se positionner ainsi au cœur des réalités du secteur ».

En outre :

  1. Plusieurs pays (Côte d’Ivoire et Burkina notamment) inscrivent la professionnalisation du secteur culturel comme une priorité à inscrire dans les politiques publiques culturelles et éducatives ;
  2. Certaines activités AMDP sont poursuivies indépendamment par quelques partenaires (ateliers de formation à Music Crossroads, stages mis en place par le festival HIFA/Sauti za Busara) ;
  3. AMDP est parvenu à créer un réseau de communication et de partage d’information qui continue après la fin du financement. Les évènements et initiatives de chacun sont relayés et partagés par tous sur l’ensemble des réseaux sociaux et autres canaux de communication, créant ainsi une communauté autour d’AMDP et des actions mises en place ou promues ;
  4. Le Conseil International de la Musique a également poursuivi son engagement au-delà du financement du programme ACP Cultures + en organisant la 3ème édition de la IMPACT Music Conference à Accra en Avril 2017.

Quels ont été les points faibles du projet et les erreurs à ne pas commettre ? « Dans la phase de conception du projet, nous avons inséré trop d’activités », explique Houdart. « Certaines composantes du projet étaient peu pertinentes, ont manqué de structuration et sont passées en 2ème plan. Nous avons également sous-estimé la charge de travail pour certains partenaires, qui ont dû accumuler les tâches liés à AMDP à celles, déjà importantes, habituelles et régulières ».

Quelques sont les principes et les valeurs communes qui ont guidé le projet ? « L’apprentissage par la pratique de terrain et l’expérience est indispensable », répond Charles Houdart. « Ce projet nous a démontré en plus qu’il est essentiel de privilégier un transfert de compétences Sud/Sud entre experts Africains et jeunes professionnels. Ce transfert doit s’opérer par la mise en avant d’une nécessaire mobilité continentale et internationale, et l’aide à la constitution de réseaux professionnels », conclut-t-il.

 

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12 octobre 2017
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