BERLINALE 2017 : L'AFRIQUE ET SA DIASPORA EN COMPETITION

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Dans un communiqué daté du 15 décembre, le festival allemand a annoncé les quatorze premiers films sélectionnés pour la Compétition Officielle de sa Berlinale 2017 (67th Internationale Filmfestspiele Berlin) qui a lieu du 09 au 19 février.  Félicité du réalisateur sénégalais-français Alain Gomis fera sa Première Mondiale à Berlin, comme son précédent et magnifique Tey / Aujourd'hui (Etalon d'or, au Fespaco 2013). Soutenu par le Fonds Image de la Francophonie (OIF / CIRTEF), le film raconte le combat de Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa, la capitale congolaise. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d'un accident de moto. Pour le sauver, elle lance alors dans une quête désespérée, à travers la ville électrique, son passé, ses rêves. Ses chemins croisent ceux de Tabu... Avec Tshanda Beya, Gaetan Claudia et Papi Mpaka, dans les rôles principaux, ce quatrième long-métrage d'Alain Gomis (L'Afrance, Andalucia, Tey) est produit par cinq pays : Sénégal, France, Belgique, Allemagne et Liban (le Gabon a été évoqué un moment). La sortie en France est prévue le 29 mars 2017 (Distribution : Jour de Fête). Suivre l'actualité du film : https://www.facebook.com/Felicitelefilm/

Outre le programme officiel, la section Berlinale Special présente des oeuvres de cinéastes contemporaines, des documentaires et des formats sortant de l'ordinaire. A ce jour, quatre productions ont été retenues, dont Le Jeune Karl Marx / The Young Karl Marx (France / Germany / Belgium) de Raoul Peck (Sometimes In April, Moloch Tropical, Fatal Assistance), avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Hannah Steele, Olivier Gourmet. Ce sera la Première Mondiale du film qui porte sur les jeunes années du brillant philosophe allemand qui a vécu à Paris. Le cinéaste haïtien a vécu en Allemagne où il a fait sa formation en cinéma avant de s'établir en France où il est Président de la plus grande école de cinéma, la Fémis, depuis 2010. Le 24 janvier prochain, Raoul Peck devrait savoir si son documentaire Je ne suis pas votre Nègre (I Am Not Your Negro) ira à Hollywood pour l'Oscar du Meilleur Documentaire avec le film 13th de la réalisatrice Ava DuVernay qui part du 13eme amendement de la constitution américaine pour analyser le poids des discriminations raciales sur le système judiciaire américain. Suivre l'actualité du film : www.facebook.com/Le-Jeune-Karl-Marx-de-Raoul-Peck-1668725006705147/

"Le Courage : malgré tout"

Sous le thème du "Courage: Against All Odds" ("Le Courage : malgré tout"), la 15ème édition du programme Berlinale Talents réunira près de 350 professionnels, talents et encadreurus, pdurant six jours, du 11 au 16 février. La sélection est encore en cours pour faire le tri des 2 711 inscriptions venant de 127 pays.
La liste des courts métrages ainsi que celle des sections Panorama et Génération ne sont pas encore publiées. Plusieurs films africains se sont distingués à Berlin l'édition passée, dont Hedi, un vent de liberté de Mohamed Ben Attia (Prix de la Meilleure Première Œuvre et Ours du Meilleur Acteur pour Majd Mastoura) et The Revolution won't be televised de la Sénégalaise Rama Thiaw (film soutenu par l'OIF / CIRTEF) qui a eu le prestigieux prix Fipresci de la critique internationale. Jean-Pierre Bekolo y avait eu la première européenne de Naked Reality, sa seconde incursion dans le cinéma de science fiction.
 
Soft power allemand et création du Berlinale Africa Hub

Alors que la France réduit sa voilure (les crédits baissent drastiquement sur tous les programmes, le soutien à la Francophonie n'y échappe pas), le ministère allemand des Affaires étrangères (German Federal Foreign Office) lance l'offensive. Selon nos sources, un programme de plusieurs millions d'euros est mis en œuvre et concerne spécifiquement les cinémas africains. Festivals, associations, films, soutiens à la production / distribution, commencent à bénéficier d'un financement massif qui vient renforcer l'action du Goethe qui dispose de nombreux instituts sur le continent.
En 2017, avec le soutien du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, la Berlinale lance le "Berlinale Africa Hub", une plateforme pour idées et projets innovants venant de l'industrie africaine du cinéma. Un hub (concentrateur) est supposé réunir un ensemble d'éléments en un seul lieu. C'est une initiative du European Film Market / Marché européen du cinéma (EFM) en coopération avec le World Cinema Fund (et le programme special créé en 2016, WCF Africa, qui promeut des films de l'Afrique sub-Saharienne avec le soutien du German Federal Foreign Office), avec le Berlinale Talents (et son programme jumeau le Talents Durban, qui soutien de talentueux cinéastes africains tout au long de l'année), et la Berlinale Co-Production Market (Marché de la Coproduction de la Berlinale).
Cependant, l'initiative n'est pas exempte de critiques, à cause du manque de concertation en amont pour impliquer réellement les Africains afin de sortir de la logique de l'aide et instaurer une vraie logique de co-opération (agir ensemble). Surtout que de nombreux pays disposent d'institutions structurées et de plus en plus émergent des programmes financés par les Etats africains eux-mêmes (à l'exemple du Sénégal avec le Fonds de Promotion du Cinéma et de l'Audiovisuel, Fopica, dans le sillon du Maroc, de l'Afrique du Sud, voire le Tchad). Pour l'heure, les partenaires annoncés par le "Berlinale Africa Hub" sont Electric South (Cape Town, Afrique du Sud), la plate forme électronique Mokolo (dont Africiné Magazine est cofondateur avec Africultures aussi dans une certaine mesure, la fondation Mokolo est basée à Lagos, Nigeria), Rushlake Media (Cologne, Allemagne) et le Goethe-Institut. 

Source : Images Francophones

11 janvier 2017
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